Jeanne Mas, envoûtante encore

Jeanne Mas, l’interprète du tube En rouge et noir, remet le son avec Bleu Citron, un onzième disque électro-pop réussi, à la fois mélancolique et dansant. Espiègle et laconique, la chanteuse a répondu à nos questions depuis les Etats-Unis, où elle a posé ses valises il y a six ans.

RFI Musique : Comment avez-vous atterri en Arizona ?
Jeanne Mas : Je me suis installée aux Etats Unis en 2005. J’ai vécu trois ans en Californie puis, lors d’un séjour dans l’Arizona, j’ai senti que j’avais trouvé “ma terre”. Ce qui m’a fait partir de France fut le manque de liberté artistique. Je l’ai retrouvée ici.

Pourquoi ce titre sous forme d’oxymore, Bleu citron ?
Cet album est né comme un refuge dans une période de détresse. Les couleurs sont symboliques. Le bleu, c’est l’espoir, la pureté et la communication. Le citron, c’est cette acidité que l’on prend pour de la vitamine.

De l’écriture à la version finale, comment a été conçu cet album ?
La seule grande étape dans l’écriture d’un album, c’est de ressentir l’envie pressante de le faire. Ensuite, pour que cet album soit le plus sincère possible, on ne laisse pas trop les autres s’en mêler. Je m’entoure de gens sensibles pour défendre ce que j’ai envie de faire, mais je suis la seule à décider de tout.

Vous avez confié les arrangements à deux jeunes Ukrainiens. Qui sont-ils et comment avez-vous travaillé ensemble ?
Ces deux artistes ont souhaité rester dans l’ombre. En Ukraine, ils font surtout des musiques de film. Je ne sais pas grand-chose sur eux. Les communications ne se sont faites que par e-mail. Leur talent me paraît essentiel. Mon bureau les a contactés après avoir découvert leur travail sur le web. Nous avons acheté les droits et je me suis mise à composer. Les voix ont été envoyées par fichier et mixées dans leurs studios. Je n’ai fait que les titres à l’ambiance “scénaristique” : Ma photo dans les gares et Le retour.

La patte “années 80” est indéniable. Pourquoi ce retour à vos premières amours musicales après un détour par la country (Be West en 2008) et la dance (The Missing Flowers en 2007)?

Je n’ai pas senti le côté 80 en l’écrivant, j’ai choisi les arrangements qui me rendaient créative et j’ai travaillé dessus. Mes albums sont le reflet de ma vie et dans ma vie, il n’y a jamais rien de répétitif; alors rock, country, disco ou pop : qu’importe, du moment que j’emmène les gens dans mes voyages. Si le son de Bleu Citron rappelle mes années 80, tant mieux. Elles ont été magiques.

A chacun de vos albums, qui se suivent pourtant d’assez près, on parle de votre “grand retour”, comment le prenez-vous ?
C’est drôle. C’est sans doute que pour certains je suis réellement partie…

Le titre Va bien se moque des médias et du traitement qu’ils font de l’actualité (“Pense au nucléaire / paraît que c’est du cancer / la télé dit que c’est rien / tout va très bien”). Pourquoi les épinglez-vous ?

Je ne me moque jamais. J’observe, je remarque, je m’étonne, je m’emporte, et souvent j’écris. Je ne suis pas journaliste, je suis auteur. Je ne cherche pas le scoop qui m’arrange parce que ça dérange. Je retranscris ce que je vis et comment je le vis. En effet, je sais qu’on ne nous dit pas tout… mais je n’en souffre pas… pas trop.

Dans la ballade L’Aigle blanc vous chantez : “Laissez-moi vivre de mes illusions”. C’est un cri du cœur personnel ?

L’illusion n’est-elle pas la source de notre liberté ? Je ne pourrais pas vivre sans l’illusion que tout est encore possible.

Le clip du titre Les dimanches a un côté “fait maison “. Comment a-t-il été réalisé ?
Le premier tournage du clip fut une catastrophe. Nous avions un scénario prêt : les lieux, les costumes, l’actrice très jolie, qui avait déjà joué sur l’un de mes courts métrages, et nous avions enfin trouvé le jeune comédien. J’avais écrit une simple comédie autour du thème de la séduction. L’actrice, sensée attirer son partenaire et l’embrasser, a fait un blocage et a abandonné son rôle et le set. Il m’a fallu alors retravailler sur le scénario et je me suis mise en scène. Nous n’avions plus beaucoup de moyens, une équipe réduite mais tous des gens formidables. C’était très sympa.

Dans vos clips, sur scène et en promo, vous faites preuve de beaucoup d’autodérision…
J’adore rire. Je prends tout au sérieux, sauf moi.

Vous avez décidé de vous passer des services d’une maison de disque pour cet album. Est-ce vraiment un bon choix en terme de visibilité ?
C’est plus simple. Depuis que je suis indépendante, j’ai appris à faire mille choses et j’aime cela. Bleu Citron a un distributeur qui offre les mêmes expositions qu’une major et puis il y a les ventes par le web : Itunes, Amazon… Tout va bien.

Une tournée est-elle prévue ?
Hum, encore trop tôt pour vous en dire plus.

Fleur de la Haye, Radio France Internationale

http://www.rfimusique.com/actu-musique/jeanne-mas-envoutante-encore

About Marc Leprêtre

Marc Leprêtre is researcher in sociolinguistics, history and political science. Born in Etterbeek (Belgium), he lives in Barcelona (Spain) since 1982. He holds a PhD in History and a BA in Sociolinguistics. He is currently head of studies and prospective at the Centre for Contemporary Affairs (Government of Catalonia). Devoted Springsteen and Barça fan…
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