Montebourg: les «impétrants» Aubry et Hollande n’ont qu’à bien choisir!

Dimanche soir, pour plus d’un cacique socialiste, ça ne faisait aucun doute : Arnaud Montebourg déciderait forcément de rallier un candidat. Mais ce lundi soir, sur France 2, Arnaud Montebourg a annoncé… qu’il ne comptait pas choisir entre les « deux faces d’une même pièce », entre ces deux enfants de Delors qui, selon ses propos à Libération en mai dernier, avait fait « perdre en 2002 » le PS et la gauche dans son ensemble. En tout cas, pas tout de suite…

Décidément inspiré, Arnaud Montebourg a décidé d’offrir son soutien (qui ne vaut d’ailleurs pas nécessairement quitus de ses électeurs) à celui des deux « impétrants », comme il n’a cessé de les appeler face à David Pujadas, qui se dira prêt à reprendre à son compte certaines de ses idées. Et le « marchandage », cette fois, se fera à ciel ouvert, par lettres publiques interposées. Il leur enverra une missive dans laquelle il dressera la liste de certains des thèmes de sa campagne sur lesquels il ne veut pas transiger : la mise sous tutelle des banques, le protectionnisme européen, la VIe République et le capitalisme coopératif… Les réponses que lui adresseront Aubry et Hollande seront, elles aussi, dévoilées. Pour plus de transparence…

Cette solution, proposée par Arnaud Montebourg lui-même, a été décidée avec son équipe à l’issue de deux réunions qui se sont tenues aujourd’hui à l’Assemblée. Une première, ce matin, avec son « conseil politique » réunissant près de 25 personnes autour de lui. Et une deuxième, en fin d’après-midi, à laquelle assistaient une centaine de personnes : mandataires locaux, experts, etc. Après la seconde, un de ses proches rallongeait un peu plus la liste des mesures qu’ils souhaiteraient voir reprises par Aubry ou Hollande : « Nous avons mené notre campagne autour des questions de l’éthique, du renouvellement en politique, de la réindustrialisation, nous avons dit notre refus de vouloir revenir à un déficit à 3% du PIB. Nous avons donné des armes pour faire gagner la gauche et mettre en échec Marine Le Pen. Aucun des deux autres candidats n’a été sur cette ligne ».

La balle est donc désormais dans le camp Aubry et Hollande. Mais dès dimanche soir, leurs états-majors semblaient peu disposés à infléchir leur ligne politique sous l’influence du « troisième homme ». Changer, c’est prendre le risque de perdre sa base électorale. Changer, c’est donner le signe que l’on panique… « Ce n’est pas à ceux qui se sont qualifiés au second tour de changer leur programme », clamait d’ailleurs Jean-Christophe Cambadélis, soutien d’Aubry, dans la cour de Solfé, faisant valoir au passage qu’Arnaud Montebourg « sur un certain nombre de sujets, est plus proche de Martine Aubry que de François Hollande ». Mais le « juste-échange » prôné par Aubry suffira-t-il à contenter l’apôtre du « protectionnisme européen » ? Pas sûr : « Le “juste-échange”, ça manque de clarté, explique un proche de Montebourg, Martine Aubry devrait comprendre que le “protectionnisme européen” n’est pas un gros mot ».

Arnaud Montebourg finira-t-il alors par pencher du côté de François Hollande comme le laissent penser les nombreux contacts qui ont été pris entre des membres des deux équipes avant même le premier tour ? Peut-être. Ce dernier sera sans doute plus enclin à faire des concessions sur les questions institutionnelles qu’économiques. De toute façon, les électeurs pourront juger, lettres à l’appui, le chemin parcouru par le député de Corrèze. Et ils sauront lui rappeler le moment venu. S’il se décide, bien sûr, à emprunter ce chemin dessiné par Montebourg. Car ce dernier l’a affirmé sur le plateau du JT de France 2. Il pourrait ne donner aucune indication, s’il trouve les réponses des fameux « impétrants » peu ou pas suffisamment convaincantes. Après tout, comme le rappelle un membre de son entourage, dans la VIe République qu’il appelle de ses vœux, « les consignes de vote n’existent pas » !

Mais une chose est sûre : la campagne de Montebourg s’étant lancée sur le thème de la « nouvelle France », il ne pouvait pas faire moins que de trouver, aussi, une « nouvelle façon » de faire de la politique. En regard de cette ligne de conduite tranchée et qui se veut transparente, les appels du pied de François Hollande, dès dimanche soir, rappellent davantage, eux, « la politique à l’ancienne ».

Gérald Andrieu, Marianne

http://www.marianne2.fr/Montebourg-les-impetrants-Aubry-et-Hollande-n-ont-qu-a-bien-choisir_a211390.html

About Marc Leprêtre

Marc Leprêtre is researcher in sociolinguistics, history and political science. Born in Etterbeek (Belgium), he lives in Barcelona (Spain) since 1982. He holds a PhD in History and a BA in Sociolinguistics. He is currently head of studies and prospective at the Centre for Contemporary Affairs (Government of Catalonia). Devoted Springsteen and Barça fan…
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