Les plus belles conneries de Berlusconi

C’est la présidence de la République italienne qui l’annonce le 8 novembre 2011: Silvio Berlusconi va démissionner. Mais pas immédiatement.

Le départ du Cavaliere de son poste de président du Conseil italien devrait intervenir juste après l’adoption par le parlement des mesures budgétaires et des réformes économiques promises à l’Union européenne pour éviter la contagion de la crise de l’euro. Ce vote pourrait intervenir à la mi-novembre, relève France-Info.

Ce 8 novembre, le Cavaliere a remporté un vote crucial au Parlement mais il ne peut plus compter sur une majorité absolue à la Chambre des députés, souligne le Figaro.

Nous republions à cette occasion notre article sur les plus belles «conneries» de Berlusconi, paru en avril 2011.

***

«J’ai découvert ce qu’est le point G des femmes…c’est la dernière lettre de shopping», déclarait le 3 novembre 2007 Silvio Berlusconi, lors d’une foire à Vérone. La blague sexiste n’est ni la première, ni la dernière boutade du président du conseil italien, qui fait le bonheur des médias du monde entier à chaque meeting. Et pourtant, les journalistes vont devoir commencer à se préparer au vide que le Cavaliere va laisser: il a sous-entendu qu’il ne briguerait pas un dernier mandat (ce qui a été contredit par son dauphin potentiel, Angelino Alfano)… En attendant le jour tant redouté de la retraite de Berlusconi, rendons hommage aux inimitables Berlusconneries en chiffres et en graphiques.

En sondant notre mémoire et la presse, nous avons recensé 44 bêtises aussi mémorables (pour un panorama complet, voir la carte en fin d’article). Voici un petit panel de ses prouesses, qui se répartissent en 9 catégories.

Typologie des Berlusconneries

Le président italien semble avoir un penchant pour les blagues sexistes, qui représentent 22,8% des injures présidentielles. Les Italiennes sont les premières visées: elles sont tellement belles, qu’empêcher les viols en Italie serait une mission impossible «même dans un Etat policier». «Il faudrait trop de soldats. Il y a tellement de belles filles italiennes que cela ne sera jamais possible!» Mais les étrangères ne sont pas épargnées: en voulant rendre hommage à Margaret Thatcher, le président déploie un argumentaire des plus chevaleresques: «Elle est une belle chatte

Silvio Berlusconi semble ensuite chérir les insultes contre ses adversaires et les gaffes, qui représentent, à égalité, 19,3% des boutades présidentielles.

En ce qui concerne les insultes contre ses adversaires on trouve, en première ligne, les juges italiens, auxquels Silvio Berlusconi se prend régulièrement. Ils sont ainsi tour à tour des «métastases de la démocratie», «une association de malfaiteurs au sein de la magistrature qui cherche à renverser les résultats électoraux», et forment un «parti des juges de gauche».

La gauche

Le deuxième bouc émissaire du Cavaliere est, bien évidemment, la gauche, qui fait l’objet de commentaires peu élogieux. Berlusconi déclare ainsi «avoir trop d’estime pour l’intelligence des Italiens pour penser qu’ils sont suffisamment couillons pour voter contre leurs propres intérêts (sous-entendu à gauche)».

Sans parler des communistes, bête noire que le président italien fustige régulièrement. Sous la forme de maximes lapidaires: «L’anticommunisme est avant tout un devoir moral», ou en revisitant l’histoire chinoise: «Lisez Le livre noir du communisme et vous découvrirez que dans la Chine de Mao, ils ne mangeaient pas les enfants, mais les faisaient bouillir pour fertiliser les champs.»

Les boutades et gaffes présidentielles ne passent pas que par les mots. Faut-il rappeler cette rencontre des ministres européens à Càceres, en Espagne, où Berlusconi fait les cornes à son homologue espagnol? Ou cette conférence de presse avec Vladimir Poutine, où le chef du gouvernement italien mime une mitraillette après qu’une journaliste pose à son homologue russe une question dérangeante? Ou alors ce sommet de l’Otan, où Berlusconi a eu le malheur de snober la chancelière allemande Angela Merkel?…

Les étrangers

Enfin, on trouve les clichés sur les étrangers (comme la fameuse remarque sur un Obama «jeune, beau et même bronzé»), les marques d’un ego surdimensionné («Je suis le Jésus-Christ de la politique, une victime, patient, je supporte tout, je me sacrifie pour tout le monde»), les déclarations antisémites («Mussolini n’a jamais tué personne! Tout au plus, il se contentait d’envoyer des opposants en vacances…»), et enfin les remarques homophobes («il vaut mieux avoir la passion des belles femmes qu’être gay») et blasphèmes (il termine une blague par un juron).

Mais parfois, les sorties de Berlusconi visent tellement de cibles à la fois qu’il est difficile de les classifier…

Devant des jeunes diplômés de l’université de la Sapienza, Silvio Berlusconi raconte une blague «coquine», la plus «chaste» de son répertoire, prévient-il avant de se lancer: «Un Italien apprend à un Allemand comment séduire une belle femme. “Prends une coupe de champagne et verse-lui … là où on ne peut pas dire… devant, puis tu lui suces par en dessous.” “Très bien, magnifique, répond l’Allemand (que Berlusconi imite avec un accent à couper au couteau). C’est possible de le faire avec de la bière?”» Face au silence embarrassé du public, le président du conseil italien s’excuse: il a dû «nettoyer» la blague, bienséance oblige, «avant elle était beaucoup plus drôle».

Où, et quand, Silvio Berlusconi déclame-t-il ses mémorables perles?

C’est très rarement en petit comité que Berlusconi déploie son humour: ce n’est le cas que pour près de 6% de ses boutades recensées. Bien au contraire, c’est lorsque ses propos sont le plus susceptibles d’être relayés que le président du conseil italien se lance dans les déclarations les plus farfelues. Ainsi, la plupart des farces berlusconiennes ont été dites face à la presse (dans 34% des cas), ou alors à l’étranger (dans 19,1% des cas). C’est ensuite devant les syndicats et corps de métier, devant les jeunes (à égalité dans 10,6% des cas), et en campagne pour les élections (8,5% des cas) que Silvio Berlusconi semble le plus à l’aise.

Quant aux dates de prédilection du président, il semblait particulièrement en forme en 2006, mais surtout en 2009. 2010 était une année moyenne… Reste à voir s’il remontera la pente en 2011 pour finir sa carrière politique en beauté.

Margherita Nasi et Grégoire Fleurot, Slate.fr

http://www.slate.fr/story/36879/infographie-conneries-de-berlusconi

About Marc Leprêtre

Marc Leprêtre is researcher in sociolinguistics, history and political science. Born in Etterbeek (Belgium), he lives in Barcelona (Spain) since 1982. He holds a PhD in History and a BA in Sociolinguistics. He is currently head of studies and prospective at the Centre for Contemporary Affairs (Government of Catalonia). Devoted Springsteen and Barça fan…
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