Montanier : “Le Barça de Guardiola restera un modèle”

Pour Philippe Montanier, le coach français de la Real Sociedad, Pep Guardiola aura marqué son temps sur le banc du Barça. Plus que l’Ajax des années 70 ou le Milan de Sacchi. Il a “remis la technique au coeur du jeu” et “fait perdurer sa philosophie”. “Un tour de force dans le football moderne.”

Philippe Montanier, Pep Guardiola vient d’annoncer qu’il ne serait plus l’entraîneur du Barça la saison prochaine. Etes-vous surpris ?

P.M. : Non, je ne le suis pas. En Espagne, ça ne faisait plus aucun doute qu’il arrêterait. Après quatre ans, ça se comprend.

Guardiola disait l’an passé qu’il craignait de faire la saison de trop. Il aurait pu partir en pleine gloire, sur un nouveau titre en Liga et une Ligue des champions. Finalement, il s’en va alors que le Barça semble en fin de cycle. Etait-ce le bon moment pour quitter le club ?

P.M. : On ne choisit de partir en fonction de ce qui s’est passé ou de ce qui va se passer. Il a passé quatre saisons sur le banc du Barça. Ce n’est pas rien. Après, est-ce le bon ou le mauvais moment ? Lui seul le sait. Il a ses raisons. Le plus important dans ce cas, c’est d’être capable de s’écouter : quand on a moins d’énergie pour faire les choses, mieux vaut se reposer.

C’est donc une décision sage ?

P.M. : C’est la sienne. Quatre ans sur un banc, au rythme où arrivent les matches, c’est très usant. Et nous, entraîneurs, pour exercer notre métier, on a besoin de beaucoup d’énergie. Ce n’est pas le premier entraîneur à arrêter parce qu’il estime ne plus avoir assez de forces.

Quelle empreinte laissera-t-il à Barcelone ?

P.M. : Enorme. Les derniers résultats ne doivent pas masquer le reste. Pour moi, il a tout simplement dirigé la meilleure équipe de tous les temps. Et il y est pour beaucoup. Le Barça de Guardiola restera un modèle de jeu, de philosophie, de management.

Diriez-vous que son Barça aura marqué son époque, comme l’Ajax des années 70 ou le Milan de Sacchi avant lui ?

P.M. : Bien plus encore !

Qu’est-ce qui vous fait dire ça ?

P.M. : D’abord parce qu’il y a plus de titres au bout. Mais surtout, parce que son Barça a eu une telle mainmise sur le jeu. On a rarement vu une équipe maîtriser sur tant d’années les résultats et la manière. C’est encore plus fort de réussir ça dans un football où, depuis l’arrêt Bosman, il y a beaucoup de changements dans une équipe à chaque intersaison. Dans les années 70, par exemple, l’Ajax n’avait pas cette contrainte-là : l’équipe restait la même pendant cinq-six ans. Guardiola, lui, a su construire sur la durée, a faire perdurer sa philosophie de jeu, en procèdent par petites retouches. Et je me répète : dans le football moderne, c’est un tour de force.

Guardiola est-il devenu une source d’inspiration pour les entraîneurs ?

P.M. : Avant, le football avait une orientation plus athlétique, basée sur la puissance. Guardiola a remis la technique au centre du jeu, en imposant des joueurs extrêmement techniques et intelligents. Ça a influencé tout le football pro, mais pas seulement : j’en discutais encore hier avec des jeunes venus d’Aquitaine pour nous voir. Chez les amateurs comme chez les éducateurs, maintenant, tout le monde nous parle de technique. C’est signe qu’il y a eu une vraie révolution. Et je pense que le Barça a été un bon exemple.

Ce football continuera-t-il à gagner ?

P.M. : Personne ne peut le prédire. C’est d’ailleurs ce qui fait le charme du football. Ce qui est sûr, c’est que la technique restera un facteur pour gagner des matches.

Le Barça a-t-il fait le bon choix en nomment Tito Vilanova, l’adjoint de Guardiola ?

P.M. : C’est un choix très cohérent. Il y a une telle culture du jeu, une telle volonté d’ouvrir les portes de l’équipe première aux jeunes issus du centre de formation, qu’il était indispensable de nommer quelqu’un du sérail, capable de poursuivre l’oeuvre de Guardiola. Pour moi, c’est la solution la plus logique.

L’élimination face à Chelsea et la défaite lors du Clasico ont montré les limites tactiques du Barça. Ce sera le chantier prioritaire de Vilanova ?

P.M. : On accorde trop d’importance à la tactique. Le plus important, c’est la technique. Ce n’est pas la recette absolue pour gagner des matches. Mais ça restera un facteur essentiel pour obtenir des résultats. Sans Guardiola, ce ne serait peut-être pas le cas.

Propos recueillis par Gil BAUDU / Eurosport

http://fr.sports.yahoo.com/27042012/70/liga-montanier-le-barca-de-guardiola-restera-un-modele.html

About Marc Leprêtre

Marc Leprêtre is researcher in sociolinguistics, history and political science. Born in Etterbeek (Belgium), he lives in Barcelona (Spain) since 1982. He holds a PhD in History and a BA in Sociolinguistics. He is currently head of studies and prospective at the Centre for Contemporary Affairs (Government of Catalonia). Devoted Springsteen and Barça fan…
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