Vous aussi, jouez à qui va être ministre

Favori, outsider, pochette surprise… En attendant la composition officielle du gouvernement, mercredi, «Libération» a garni pour vous chaque portefeuille.

Attention, gouvernement en chantier : le port du casque est obligatoire pour lire la sélection, évidemment non exhaustive, des noms pressentis pour intégrer le gouvernement comme ministre, ministre délégué ou secrétaire d’Etat. Par définition, difficile de savoir lesquels seront retenus par François Hollande mardi (pour le Premier ministre) et mercredi (pour le gouvernement). D’ici là, c’est spéculations, rumeurs et intox. Nourries par les aspirants ministres eux-mêmes, leurs proches, les fantasmes des uns et les calculs des autres. Seule certitude : le gouvernement sera structuré autour de 15 pôles, sera paritaire et devra faire une place aux alliés du PS, Europe Ecologie-Les Verts et Parti radical de gauche en tête.

Premier ministre

National Assembly Socialist group's President Jean-Marc Ayrault delivers a speech during a political rally for the upcoming regional elections in Nantes, western France, March 10, 2010. REUTERS/Stephane Mahe (FRANCE - Tags: POLITICS ELECTIONS)

Le favori : Jean-Marc Ayrault

Sera-t-il le Fillon de Hollande ? Le maire de Nantes (depuis 1989) tient la corde. Il cumule plusieurs atouts pour emporter la place : proche de François Hollande, qu’il a soutenu depuis la primaire socialiste, il dirige le groupe PS à l’Assemblée nationale depuis 1997. Le petit monde des députés, il connaît. Cet ex-prof d’allemand est aussi germanophone. Un atout pour relancer les relations avec Angela Merkel et une récompense, enfin, pour les milliers de collégiens qui ont fait allemand première langue sans savoir pourquoi. Seul hic : Ayrault est très Premier ministre «normal». Ce qui risquerait de donner l’image d’un exécutif presque trop «normal» ? 

Campaign political advisor for the Socialist Party (PS) presidential candidate Martine Aubry leaves the voting booth prior to cast her ballot at a polling station, on May 6, 2012 in Lille, northern France, for the second round of the presidential election. French voters went to the polls today to give their final verdict in the hard-fought presidential battle between right-wing incumbent Nicolas Sarkozy and his Socialist challenger Francois Hollande. AFP PHOTO PHILIPPE HUGUEN

La challenger : Martine Aubry

C’était la rivale numéro 1 de François Hollande pendant la primaire socialiste et leurs relations personnelles sont notoirement mauvaises. Plus marquée à gauche que Hollande, la maire de Lille, première secrétaire du PS, ex-ministre des gouvernements Cresson, Bérégovoy et Jospin, a néanmoins été d’une loyauté sans faille pendant la campagne.

Manuel Valls lors d'un meeting de François Hollande le 3 mars 2012.

L’outsider : Manuel Valls

L’ex-candidat à la primaire (6% des voix) a su se rendre indispensable auprès du candidat François Hollande, dont il verrouillait la communication. Fils de réfugié espagnol, ce bourreau de travail au profil droitier (sécurité, immigration) a occupé tout l’espace disponible. A bientôt 50 ans, cet ex-rocardien et toujours maire d’Evry rêve de voir sa loyauté récompensée.

La pochette-surprise : Pierre Moscovici

Parce qu’à force de se demander où il peut être (re)casé, on finira peut-être par le retrouver là où plus personne ne l’attendait (lire aussi ci-dessous).

Intérieur et Sécurité

La patronne du PS doit aborder la question en clôturant dimanche la grand-messe du parti. Elle a chargé François Rebsamen et Jean-Jacques Urvoas d'un Forum sur le sujet.

Le favori : François Rebsamen

Le maire de Dijon et sénateur de Côte-d’Orest l’un des vieux compagnons de route de François Hollande, dont il a été le numéro 2 au PS. Ex-directeur de cabinet de Pierre Joxe alors ministre de l’Intérieur du gouvernement Rocard entre 1988 et 1991, il dirige actuellement le groupe PS au Sénat. Les mauvaises langues disent qu’il connaît mieux les grands flics des années 90 que les problématiques sécuritaires du XXIe siècle. Sa récente prise de position pour une simple contravention des fumeurs de cannabis, loin de la position officielle de François Hollande, a peut-être hypothéqué ses chances de prendre les rênes de la place Beauvau.

Le challenger : Manuel Valls

Parce qu’il faudra bien le récompenser pour sa fidélité (lire plus haut).

French deputy of Deux-Sevres, Delphine Batho, attends an event at the Summer Socialist University in La Rochelle, south-western France, September 2, 2007.   REUTERS/ Daniel Joubert (FRANCE)

L’outsider : Delphine Batho

La députée des Deux-Sèvres, porte-parole du candidat François Hollande, est une proche de Ségolène Royal. Bosseuse, reconnue par ses pairs comme une spécialiste de la sécurité au PS – de 2003 à 2008 elle a été secrétaire nationale chargée du dossier -, Batho a aussi le gros avantage d’être une jeune (39 ans) femme dans un camp hollandais où elles ne sont pas légion.

L'ancien ministre Jean-Pierre Chevènement, 72 ans, président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), a officialisé samedi soir au journal télévisé de France 2 sa candidature à l'élection présidentielle de 2012.

La pochette-surprise: Jean-Pierre Chevènement

Parce que le Belfortain n’en finit plus de faire sa tournée des adieux et que François Hollande a mis ses pas dans ceux de François Mitterrand… pourquoi pas un ultime maroquin ?

Economie et Finances

Le PS et EELV ont fait jeudi une mise au point commune auprès de l'AFP sur le sort de la filière Mox, précisant qu'il fait bien partie de l'accord entre leurs deux formations, après plusieurs heures d'incertitude sur ce point.

Le favori : Michel Sapin

L’un des stratèges de la campagne de Hollande et l’un de ses plus fidèles lieutenants depuis le service militaire et l’ENA – ils y côtoyaient aussi Ségolène Royal et Dominique de Villepin – se verrait bien récidiver comme ministre des Finances. Il l’a été à 40 ans, sous l’ère Bérégovoy. Un bis repetita, vingt ans plus tard, qui pourrait sentir un peu le réchauffé. En revanche, gros potentiel de blagues sur son nom…

Pierre Moscovici, campaign manager for Francois Hollande, Socialist Party candidate for the 2012 French presidential election, attends a news conference at the Socialist Party headquarters in Paris April 23, 2012 the day after the first round of the 2012 French presidential election. REUTERS/Charles Platiau  (FRANCE - Tags: POLITICS ELECTIONS)

Le challenger : Pierre Moscovici

A 54 ans, le directeur de campagne du candidat Hollande fait partie de la garde rapprochée du chef de l’Etat, après avoir soutenu Dominique Strauss-Kahn qui fut son prof à Sciences Po. Ministre des Affaires européennes sous le gouvernement Jospin (1997-2002), cet ex-adhérent de la LCR – jusqu’en 1984 – se verrait bien confier un ministère à la hauteur de ses ambitions.

Nicole BricqLe député-maire socialiste de Villeneuve-sur-Lot, Jérôme Cahuzac estime avoir eu une réaction "adaptée et proportionnée" en assénant vendredi deux gifles à un jeune qui l'avait "insulté" et "bousculé", a-t-il expliqué samedi à l'AFP.

Les outsiders : Nicole Bricq et Jérôme Cahuzac

La première est sénatrice PS de Seine-et-Marne et rapporteure du Budget à la Chambre haute. Elle a été proche du Ceres de Jean-Pierre Chevènement jusqu’en 1991, de Ségolène Royal, puis de DSK, avant de rejoindre Hollande. Conseillère municipale à Meaux (que dirige un certain Jean-François Copé), elle aura 65 ans au premier tour des législatives, le 10 juin. Le second est Monsieur finances du PS. Président de la commission des finances à l’Assemblée nationale, ce natif de Talence (Gironde) a pourtant une formation de chirurgien plastique. Il fut longtemps un proche de Michel Rocard, avant de rallier Lionel Jospin en 1995.

La reprise économique mondiale pourrait être menacée par des "comportements monétaires non-coopératifs", a prévenu mardi le directeur général de l'Organisation mondiale du commerce, Pascal Lamy, mettant en garde contre le risque de protectionnisme par les taux de change.

La pochette-surprise : Pascal Lamy

A 65 ans, c’est le joker à contre-courant. Celui qui dirige l’Organisation mondiale du commerce (OMC) depuis 2005 est un socialiste-blairiste pas dans l’air du temps. Il a beau se dire régulationniste, il reste l’avocat d’un échange plus libre que juste. Et clame : «La démondialisation est un concept réactionnaire»,ce qui ne fait pas de Pascal l’ami d’Arnaud (Montebourg).

Social et Travail

La favorite : Marisol Touraine

Présidente du conseil général d’Indre-et-Loire (comme son nom l’indique), cette normalienne agrégée d’économie, 53 ans, a notamment planché pour le PS et la campagne de François Hollande sur la sécurité sociale, la santé, les retraites et les handicaps. Ex-fidèle de DSK, elle a été membre du cabinet du Premier ministre Michel Rocard, entre 1988 et 1991, son «mentor politique».

Le challenger : Laurence Rossignol (lire plus bas)

Claude Bartolone, député PS et président du conseil général de Seine-Saint-Denis, a décrit un "nouveau drame lié au manque de places en hébergement d'urgence, qui a mené ces personnes à se mettre à l'abri dans des locaux pas du tout faits pour ça".

L’outsider : Claude Bartolone

Président du conseil général de Seine-Saint-Denis, l’ancien plus proche collaborateur de Laurent Fabius, membre de l’équipe de Ségolène Royal en 2007 et désormais dans la roue de Martine Aubry, a déjà été ministre délégué à la Ville dans le gouvernement de Lionel Jospin entre 1998 et 2002. A 60 ans, il ne dissimule plus de plus grandes ambitions. Durant la campagne, il a été l’interlocuteur des centrales syndicales.

La pochette-surprise : Jean-Marie Le Guen (lire plus bas)

Affaires étrangères

Laurent Fabius sort du siège de campagne de François Hollande, le 23 avril 2012.

Le favori : Laurent Fabius

Le plus «jeune Premier ministre» de la VeRépublique est désormais un éléphant au cuir tanné par l’expérience. Il a occupé à peu près toutes les fonctions imaginables : ministre à de nombreuses reprises, Premier ministre, donc, mais aussi président de l’Assemblée nationale ou encore premier secrétaire du parti. Député de la Seine-Maritime depuis 1978 – avec quelques interruptions -, il s’est pris une rouste à la primaire socialiste de 2006. Le héraut socialiste du «non» au traité constitutionnel a été chargé de préparer la première année de mandat pour le candidat Hollande, avec qui les relations se sont officiellement apaisées. Et ses déplacements à l’étranger ces dernières semaines ont montré son intérêt pour le poste occupé jusqu’à peu par son jumeau de droite, Alain Juppé.

La challenger : Martine Aubry (lire plus haut)

L’outsider : Pierre Moscovici (lire plus haut)

Martine Aubry (R), one of France's Socialist Party presidential primary candidates, stands with Catherine Trautmann, former mayor of Strasbourg and member of the European Parliament, at her arrival at the train station in Strasbourg, eastern France October 7, 2011.   REUTERS/Vincent Kessler   (FRANCE - Tags: POLITICS ELECTIONS)

La pochette-surprise : Catherine Trautmann

L’ex-ministre de la Culture de Lionel Jospin et ex-maire de Strasbourg a une longue carrière européenne sur son CV. Députée du Parlement européen – avec interruptions – depuis 1989, elle connaît parfaitement les rouages de Bruxelles et des négociations de l’Union. Elle est diplômée en théologie protestante et spécialiste de littérature copte.

Ecologie et environnement

Les Journées d'été d'Europe Ecologie-Les Verts se sont ouvertes jeudi matin à l'université de Clermont-Ferrand pour trois jours de débats, avec une ovation d'Eva Joly par les militants et les premiers mots de Cécile Duflot prononcés en norvégien.

La favorite : Cécile Duflot

Elle en a très envie et ne s’en cache même plus. La secrétaire nationale d’Europe Ecologie-les Verts a conduit sa formation à une alliance forte avec le PS, matérialisée par un accord programmatique et électoral inespéré. Malgré le flop d’Eva Joly à la présidentielle (2,3%), les écologistes ont largement voté le principe d’une participation au gouvernement. Candidate à la députation à Paris, Cécile Duflot a annoncé qu’elle cèderait sa place à la direction d’EE-LV le 22 juin.

Yannick Jadot, France's Europe Ecology Party deputy, attends the summer meeting of the Green Party in Nantes, August 20, 2010. REUTERS/Stephane Mahe (FRANCE - Tags: POLITICS ENVIRONMENT HEADSHOT)

Le challenger : Yannick Jadot

L’un des rares politiques (EE-LV) issus de la société civile. Cet eurodéputé a effet entamé son engagement militant à Solagral, une association de solidarité internationale, avant de rejoindre Greenpeace de 2002 à 2008. Daniel Cohn-Bendit voit en lui, aux côtés de Cécile Duflot, l’avenir de l’écologie politique en France. Un costume sur mesure ou taillé trop grand?

Laurence Rossignol

L’outsider : Laurence Rossignol

Ancienne de la LCR, entrée au Parti socialiste avec Julien Dray en 1981, elle a été élue sénatrice de l’Oise en septembre. Habituée des cabinets ministériels, cette ex-membre de la Gauche socialiste est titulaire du poste desecrétaire nationale à l’environnement au PS. Féministe active, elle fut également en charge des droits des femmes à Solférino. Un atout dans un gouvernement qui se veut exemplaire en matière de parité.

Laurence Tubiana, French professor at the Paris Political Sciences Institute and director of the Institute of Sustainable Development and International Relations poses for a photo in Copenhagen on December 6, 2009. Tubiana is a participant of the 15th session of the conference of the parties to the UNs framework convention on climate change and meeting of the parties to the Kyoto Protocol held December 7-18 here.   AFP PHOTO / ATTILA KISBENEDEK

La pochette-surprise : Laurence Tubiana

Spécialiste de la mondialisation et de la gouvernance mondiale (climat, développement), cette ex-conseillère de Lionel Jospin à Matignon dirige l’un des think tanks francophones les plus influents : l’Institut du développement durable et des relations internationales. Elle a présidé une ONG, Solagral et fondé la revue Courrier de la planète.

Education et Enseignement supérieur

Vincent Peillon dans son bureau parisien le 12 avril 2012.

Le favori : Vincent Peillon

Après un parcours complexe au Parti socialiste – on l’a vu notamment près de Lionel Jospin, au NPS avec Hamon et Montebourg, porte-parole de Ségolène Royal en 2007 puis tenté de créer son propre courant contre cette dernière -, le député européen s’est concentré depuis plusieurs mois sur l’éducation. Agrégé de philosophie, il a animé le pôle du candidat Hollande sur le sujet, préparant avec minutie son ministère.

La challenger : Martine Aubry

Si la maire de Lille ne récolte pas Matignon, il lui faudra une corde de rappel. Comme un poste de numéro 2 du gouvernement avec un grand ministère Jeunesse et Education (thème clé de la campagne de Hollande), par exemple, élargi à la Culture et à la Recherche.

Bruno Julliard attends a demonstration by French public and private school teachers in Paris September 27, 2011.   REUTERS/Charles Platiau   (FRANCE - Tags: POLITICS EDUCATION)

L’outsider : Bruno Julliard

Ex-président de l’Unef, le syndicat étudiant proche du PS, Bruno Julliard a été nommé secrétaire à l’éducation à l’arrivée de Martine Aubry. Adjoint au maire de Paris en charge de la jeunesse, il a produit de nombreuses notes sur l’éducation pendant la campagne de François Hollande et multiplié les contacts avec les syndicats enseignants tout en travaillant au quotidien avec Vincent Peillon.

La pochette-surprise : Fleur Pellerin

Fleur Pellerin

Jamais élue et au profil de techno pur sucre (Essec-Sciences-Po Paris-ENA), la présidente du Club du XXIe siècle a traversé la campagne de Hollande en charge du dossier numérique. Et a poussé la proposition d’injecter une dose de nouvelles technologies au bac. Même si elle affirme régulièrement ne pas être intéressée, elle pourrait envisager un secrétariat d’Etat (photo Nicolas Reitzaum).

Culture et Médias

La députée PS Aurélie Filippetti est arrivée peu après 11h00 vendredi pour être entendue comme témoin par les policiers en charge de l'affaire Banon-DSK, a constaté un journaliste de l'AFP.

La favorite : Aurélie Filippetti

Ex-membre des Verts, normalienne et auteure du livre les Derniers Jours de la classe ouvrière, où elle évoque sa famille de mineurs, Aurélie Filippetti a quitté les écologistes en 2006 pour rejoindre le Parti socialiste et Ségolène Royal, alors candidate à l’élection présidentielle. Elue députée de Moselle l’année suivante, elle a soutenu François Hollande lors de la primaire PS. Et a été chargée de la culture au sein de l’équipe de campagne. Ses relations avec Fleur Pellerin, chargée du numérique dans le camp hollandais, sont polaires.

La challenger : Martine Aubry (lire plus haut)

L’outsider : Fleur Pellerin (lire plus haut)

Julien Dray

La pochette-surprise : Julien Dray

Par ses réseaux, et sa connaissance des sujets, le député de l’Essonne aurait pu prétendre à un ministère de la Culture. Mais l’épisode de son anniversaire fêté entre les deux tours de la présidentielle avec Dominique Strauss-Kahn a réduit à néant toute chance de s’inviter dans le premier gouvernement Hollande.

Justice

Bertrand Delanoë.

Le favori : Bertrand Delanoë

Candidat malheureux au poste de premier secrétaire du PS lors du congrès de Reims, en 2008, le maire de Paris se tient en marge de la vie politique nationale depuis cet échec. S’il était nommé à la Justice, il pourrait céder sa place de maire de la capitale à sa dauphine, Anne Hidalgo, dans la perspective des élections municipales de 2014. Mais il ne se contentera certainement pas de reprendre les clés de la rue de Solférino, comme des rumeurs le laissent entendre.

La challenger : Adeline Hazan

Jack Lang (L), France's former culture minister and French Socialist party member, and Adeline Hazan, Mayor of Reims, speak with the media in front the city hall in Reims November 14, 2008, before the French Socialist Party National Congress. Socialist party delegates and congressmen attend a three-day congress in Reims to forge a new direction for the party.    REUTERS/Pascal Rossignol   (FRANCE)

La Rémoise est l’une des femmes maires d’une ville de plus de 100 000 habitants – avec Valérie Fourneyron, maire de Rouen annoncée au poste de ministre des Sports. Elle est surtout passée par l’Ecole nationale de magistrature et a été juge d’application des peines puis juge des enfants au TGI de Paris jusqu’enÉ1990. Ex-présidente du Syndicat de la magistrature, elle a notamment conseillé sur la justice le candidat Jospin lors de la présidentielle 1995. Cette proche d’Aubry est aussi donnée comme surprise potentielle à la Santé.

André Vallini. Le député PS de l'Isère  ancien président de la commission Outreau, a exprimé son sentiment de "colère et d'inquiétude" face au projet de réforme de la procédure pénale remis mardi à Nicolas Sarkozy.

L’outsider : André Vallini

Le président du conseil général et sénateur de l’Isère est un proche de Hollande apprécié par d’autres courants du Parti socialiste : il est ainsi l’un des rares secrétaires nationaux sortants à avoir été reconduits par Martine Aubry quand elle a succédé à François Hollande à la tête du PS. Ex-avocat, il a toujours travaillé sur les questions de justice et avait été nommé président de la commission d’enquête parlementaire mise en place après l’affaire d’Outreau. Il a beaucoup laissé entendre qu’il sera le prochain garde des Sceaux, mais pourrait être victime de plusieurs affaires qui ont entaché son CV, dont une procédure aux prud’hommes pour «licenciement abusif et harcèlement moral» initiée – puis retirée contre indemnisation – par une ancienne attachée parlementaire.

A la veille d'une semaine cruciale dans les négociations pour 2012 entre le Parti socialiste et les écologistes, les discussions en sont au point mort, bloquant toujours sur l'avenir du chantier de la centrale nucléaire EPR de Flamanville (Manche).

La pochette-surprise : Eva Joly

Ah, le beau symbole. Mais trop beau pour être crédible ? Ou trop risqué pour être concrétisé ? Une ex-magistrate anticorruption garde des Sceaux ? Pourquoi pas. L’ex-candidate verte,qui a pu dire «Je connais bien DSK, je l’ai mis en examen», multiplie les appels du pied : oui, elle est «disponible» pour la République. Une pétition circule même pour lui donner les clés de la chancellerie.

Famille, Egalité et Droits des femmes

Najat Vallaud-Belkacem, spokesperson for Francois Hollande, Socialist Party candidate for the 2012 French presidential election, arrives for a meeting at Hollande's campaign headquarters in Paris April 23, 2012 the day after the first round of the 2012 French presidential election.  REUTERS/Jean-Paul Pelissier (FRANCE - Tags: POLITICS ELECTIONS MEDIA)

La favorite : Najat Vallaud-Belkacem

Porte-parole de Ségolène Royal en 2007 puis de François Hollande en 2012, cette élue lyonnaise couvée par le maire, Gérard Collomb, vole aujourd’hui de ses propres ailes. Jeune espoir de la génération Hollande, engagée dans un combat législatif courageux dans la circonscription historique de Raymond Barre, elle devrait connaître sa première expérience ministérielle.

Une semaine après l'interpellation de Dominique Strauss-Kahn accusé d'agression sexuelle, les féministes ne décolèrent pas contre la dévalorisation des femmes dont témoigne, selon elles, les réactions à cette affaire et entendent le dire haut et fort dans la rue dimanche à Paris.

La challenger : Clémentine Autain

Si elle intègre le gouvernement, elle en sera certainement l’une des benjamines. A 38 ans, cette figure montante de la gauche radicale a été l’une des porte-parole de Jean-Luc Mélenchon pendant la campagne. Multiactive, elle tient une chronique sur France Culture, codirige un mensuel (Regards) et a rédigé plusieurs ouvrages sur l’égalité entre les sexes.

Mme Mazetier accuse M. Besson d'avoir "peur des chiffres" et de vouloir "esquiver" le débat en orientant l'évaluation vers l'immigration irrégulière. Le groupe de parlementaires, lui, veut évaluer "l'ensemble de la politique d'immigration, d'intégration, d'asile et de développement solidaire", notamment les reconduites à la frontière.

L’outsider : Sandrine Mazetier

Et si l’ex-directrice de com venait coiffer les favori(te)s sur le poteau ? A 45 ans, la secrétaire nationale à l’immigration dans la nouvelle équipe dirigeante du Parti socialiste, proche de Aubry, a notamment animé la thématique immigration du candidat Hollande. Députée de Paris du XIIe arrondissement, elle n’hésite à s’affranchir de ses dossiers et fustiger, le cas échéant, l’arrogance de l’Etat sous Sarkozy.

Jean-Christophe Cambadelis, French Socialist party member, attends the summer meeting of the French Socialist Party in La Rochelle, western France, August 28, 2010. REUTERS/Stephane Mahe (FRANCE)

La pochette-surprise : Jean-Christophe Cambadélis

Parce que c’est un homme. Et il n’y a pas de raison que le maroquin échoue forcément à une femme. Pourquoi pas à Cambadélis, rallié à Aubry et qui n’a jamais occupé aucun fauteuil ministériel ?

Défense

En Bretagne, "le président de région", le socialiste Jean-Yves Le Drian qui brigue un nouveau mandat, "a refusé de discuter avec la liste d'Europe-Ecologie", a expliqué la numéro un des Verts. Ce dernier a, selon elle, déjà "fait imprimer ses bulletins pour le 2e tour".

Le favori : Jean-Yves Le Drian

On donne le président de la région Bretagnequasi installé dans le siège de ministre de la Défense. Parce qu’il a été maire de Lorient, ex-grand port de guerre? Parce qu’il a été l’un des pivots de la commission de la défense et le spécialiste du genre dans le «shadow cabinet» du candidat Hollande? A 65 ans, le 30 juin, il ne refusera pas un maroquin que Sarkozy lui avait, en vain, proposé en juin 2007.

"Jamais je n'ai été confronté à autant de difficultés pour accomplir une mission d'information parlementaire", a déploré mercredi Bernard Cazeneuve, député-maire de Cherbourg, lors d'une conférence de presse.

Le challenger : Bernard Cazeneuve

Inconnu du grand public, le député de la Manche et maire de Cherbourg est sorti de l’ombre en devenant l’un des quatre porte-parole, effacé mais efficace, du candidat socialiste. Bien que fabiusien, donc peu suspect de proximité avec Hollande, il était l’un des rares à n’avoir soutenu aucun candidat lors des primaires du PS. A 48 ans, il est secrétaire de la commission de la défense nationale à l’Assemblée et a été le rapporteur de la mission parlementaire sur l’attentat de Karachi. Il a conseillé Hollande sur les questions industrielles et le dossier du nucléaire, qu’il défend mordicus.

L’outsider : Patricia Adam

Vice-présidente de la commission de la défense, la députée du Finistère pourrait jouer les invités surprise. Ou décrocher un secrétariat d’Etat (Anciens combattants, Mer?). A 59 ans, cette ex-proche de DSK et de Delanoë est aussi vice-présidente du groupe d’étude sur l’industrie de l’armement. Elle a aussi défendu ses sujets au sein du cabinet fantôme du PS, en 2007, où des élus étaient alors chargés de répondre, domaine par domaine, au gouvernement.

La pochette-surprise : Eva Joly

Histoire que les défilés du 14-Juillet changent un peu de physionomie.

Santé

Jean-Marie Le Guen, France's Socialist party presidential candidate Segolene Royal campaign advisor, arrives at Royal's campaign headquarters in Paris, April 26, 2007.   REUTERS/Benoit Tessier (FRANCE)

Le favori : Jean-Marie Le Guen

Médecin de formation, le député de Paris a longtemps été un proche de Dominique Strauss-Kahn, qu’il a soutenu après l’affaire du Sofitel de New York. Après avoir rejoint François Hollande pour la primaire socialiste, ce spécialiste des questions de santé a été chargé de ce thème dans l’équipe de campagne.

Dans le rapport qu'il lui avait commandé et qui lui a été remis samedi, l'Inspection générale des affaires sociales (Igas), accuse notamment les laboratoires Servier d'avoir "anesthésié" les acteurs de la chaîne du médicament.

Le challenger : Aquilino Morelle

L’homme de l’ombre succombera-t-il à la lumière des cabinets ministériels ? Homme du «non» au traité européen, dira-t-il oui au pouvoir «visible» ? Ce fils de mineur des Asturies, qui a enquillé médecine, Sciences-po et l’ENA, est l’une des plus belles plumes de la République. Au service de Lionel Jospin, d’Arnaud Montebourg et, désormais, de François Hollande avant, à désormais 50 ans, de se mettre à son compte ?

L’outsider : Adeline Hazan (lire plus haut)

Au lendemain d'une réunion à l'Elysée entre Nicolas Sarkozy et des responsables politiques de l'Outre-mer, la députée de Guyane Christiane Taubira dénonce la "carence manifeste" du président de la République sur le conflit en Guadeloupe, jusqu'à son intervention de jeudi. /Photo prise le 19 février 2009/REUTERS/Régis Duvignau

La pochette-surprise : Christiane Taubira

Ex-candidate à la présidentielle en 2002 sous l’étiquette du Parti radical de gauche, la députée de Guyane a soutenu Arnaud Montebourg à la primaire socialiste. Respectée à gauche mais considérée comme un électron libre, elle avait appelé à voter «non» au référendum sur le traité constitutionnel européen, en 2005.

Agriculture, Mer, Aménagement du territoire

Les enquêteurs auditionnent toutes les personnes qui, selon Tristane Banon et sa mère Anne Mansouret, auraient été informées des accusations portées par la jeune femme contre Dominique Strauss-Kahn, des faits allégués qui remonteraient à 2003 dans un appartement du centre de Paris.

Le favori : Stéphane Le Foll

Proche de François Hollande de longue date, Stéphane Le Foll a été directeur de cabinet du premier secrétaire du PS entre 1997 et 2008, et son directeur de campagne pendant la primaire socialiste. Député européen, cet homme fidèle mais rugueux est membre de la commission de l’agriculture et de la pêche au Parlement de Strasbourg. Alors que la renégociation de la Politique agricole commune (PAC) sera un des gros dossiers du quinquennat, il a le profil idéal. Mais Hollande pourrait choisir de le garder à ses côtés à l’Elysée.

L’outsider : Jean-Michel Baylet

Le patron du Parti radical de gauche et sénateur du Tarn-et-Garonne pourrait être récompensé pour avoir conduit sa formation à participer aux primaires ouvertes du PS où, candidat lui-même, il a réalisé un score de 0,64%. Déjà secrétaire d’Etat (chargé des collectivités locales) puis ministre (du Tourisme) sous Mitterrand, le directeur de la Dépêche du Midi avait rallié Hollande dès le soir du premier tour. En espérant un dernier maroquin, celui d’un homme du terroir ?

Europe Ecologie-Les Verts Green Party member Jose Bove poses in front of the Cruas-Meysse nuclear power plant March 11, 2012. REUTERS/Robert Pratta (FRANCE - Tags: POLITICS ENERGY)

La pochette-surprise : José Bové ou Arnaud Montebourg

L’eurodéputé EELV est, comme tous les écologistes, dans les starting-blocks. Il l’assure : «J’ai toujours dit que dès lors qu’il y a accord entre Europe Ecologie et le PS, j’assumerai. Je suis discret. Je n’appelle personne…» Bien sûr, on voit mal l’ancien leader de la Confédération paysanne prendre les rênes d’un ministère plein sur une agriculture toujours aux mains de la FNSEA.

Arnaud Montebourg à Dijon en mars 2012.

Comment Arnaud Montebourg, le 3e homme surprise des primaires socialistes, ne pourrait-il pas faire partie du gouvernement ? C’est notamment grâce au député de Saône-et-Loire, très vite rallié à Hollande au détriment de Martine Aubry, que le candidat du PS à la présidentielle a notamment gauchisé son programme fiscal. On le voit désormais partout. A l’industrie, à la justice, ou encore au travail et à l’emploi. Et si l’avocat de la démondialisation héritait de l’agriculture ? Une hypothèse pas totalement farfelue.

Egalité des territoires, Ville, Logement

Le favori : Claude Bartolone (lire plus haut)

Le challenger : Thierry Repentin

Le sénateur de Savoie est l’un des spécialistes reconnus du PS en matière de logement. Déjà responsable de ce thème pendant la campagne de Ségolène Royal en 2007, il a rempilé pour François Hollande en 2012. Certaines agences de communication parient déjà sur le vote d’une loi portant son nom et ont déjà acheté des noms de domaine du type http://www.loi-repentin.com…

L’outsider : George Pau-Langevin

Députée sortante de la 21e circonscription de Paris, elle est née à Pointe-à-Pitre, en 1948. Avocate de formation, elle a notamment travaillé, à l’Assemblée, sur l’immigration, les discriminations et l’accès à la justice. Elle fait partie des femmes que François Hollande a prises dans son équipe de campagne où elle était responsable des questions sociétales.

La pochette-surprise : Christophe Robert

Le directeur des études de la fondation Abbé-Pierre écopera-t-il d’un secrétariat d’Etat, histoire d’inviter un homme issu de la société civile ? Mais Hollande n’est par nature, guère favorable, à s’appuyer sur des hommes et des femmes qui ne sont pas issus du sérail politique.

Libération

http://www.liberation.fr/politiques/2012/05/14/qui-vont-etre-nos-ministres-le-pronostic-de-liberation_818612

About Marc Leprêtre

Marc Leprêtre is researcher in sociolinguistics, history and political science. Born in Etterbeek (Belgium), he lives in Barcelona (Spain) since 1982. He holds a PhD in History and a BA in Sociolinguistics. He is currently head of studies and prospective at the Centre for Contemporary Affairs (Government of Catalonia). Devoted Springsteen and Barça fan…
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