Passations de pouvoir: les nominés au meilleur dialogue…

Après le Président et le Premier ministre, au tour des membres du gouvernement Ayrault I d’entrer en scène. Au meilleur discours de passation, les ministres palmés sont…

Les heureux élus se sont adonnés, sur leur nouveau QG de travail, au traditionnel échange verbal avec leur prédécesseur. Chacun son style, sa touche, sa manière. Rapide tour d’horizon d’une journée baigné de com’, de formalisme républicain, et parfois, d’élans de sincérité.

Place Beauveau (Intérieur)

– le plus surjoué dans le rôle du dévoué, avec Claude Guéant: «J’ai donné l’essentiel de ma vie professionnelle» (à ce ministère).

– le plus surjoué dans le rôle de l’équilibriste, avec Manuel Valls, son successeur: «Il n’y aura ni angélisme, ni course effrénée aux chiffres, ni stigmatisation de communautés, d’une catégorie par rapport à une autre

Quai d’Orsay (Affaires étrangères)

– le plus empreint d’embruns, avec les voeux d’Alain Juppé à son successeur: «Je vous souhaite une bonne navigation sur la mer des tempêtes».

– le plus empreint de gémellité, avec l’hommage de Laurent Fabius, son alter ego de droite: «Monsieur le Premier Ministre, cher Alain Juppé, en fonction des résultats électoraux, les pouvoirs passent, mais les intérêts de la France demeurent. Nous avons dans nos parcours respectifs suivi des chemins qui présentent quelque analogie. […] Ce que j’ai lu de vos déclarations me font penser que ce poste […] est probablement celui que vous avez le plus aimé. Et bien, je préssens qu’il en sera de même pour moi

Rue de Valois (Culture et communication):

– le plus «Je suis immergé par l’empathie», avec le lyrisme de Frédéric Mitterrand: «C’est un jour de chance pour ce ministère car il va y avoir à partir de maintenant une ministre dont l’empathie pour le monde de la culture est connue depuis longtemps et notamment parce que la ministre est une artiste en elle-même, un écrivain de très grand talent et de très grande qualité.»

– la plus «Je suis submergée par l’émotion», avec Aurélie Filippetti: «Ce ministère est intimement lié à une certaine idée que nous avons de la France, de ses valeurs et de ce que nous voulons transmettre aux générations qui suivent, le meilleur de ce qui nous a été légué en héritage par ceux qui nous ont précédé

Rue de Grenelle (Education nationale)

– le plus «J’aurais aimé être fondateur», avec Luc Chatel: «Je veux avoir une pensée émue pour les 850.000 enseignants qui partout en France oeuvrent au quotidien pour l’avenir de notre jeunesse. Je souhaite le meilleur pour l’école de la République, le meilleur pour la France, le meilleur pour nos enfants

– le plus «Je rêve d’être refondateur», avec Vincent Peillon à son prédécesseur: «Merci de votre accueil républicain, […] de votre esprit qui nous réunit au delà de nos clivages politiques. Pour moi l’émotion est grande ce matin. Vous savez l’importance de la tâche qui nous est confiée par le président de la République puisqu’il a décidé d’accorder ce que l’ensemble de la communauté éducative attendait depuis longtemps: à notre école, une priorité. Cela nous donne une responsabilité particulière: non pas une énième réforme […] mais la refondation de l’école de la République.»

Bercy (Economie et finances)

– le plus faussement politique dans ses adieux, avec François Baroin adressant ses «chaleureuses félicitations» et souhaitant «du fond du coeur […] bonne chance» à Arnaud Montebourg, auquel il a donné du «cher Arnaud».

– le plus faussement poétique dans sa conclusion, avec Arnaud Montebourg qui a dit à François Baroin: «Bon vent pour la suite» et «des voeux de tranquillité, peut-être» après des «années de tempête» sur le plan économique.

– le plus vraiment mimique dans son dénouement, avec Pierre Moscovici: «Je mesure cette responsabilité. Je voudrais saluer François Baroin, je lui souhaite bon vent.»

– le plus… vraiment fantomatique avec Eric Besson «parti en vacances», selon son entourage.

Place Vendôme (Justice)

– le plus «j’aimais tant la justice», mais bon…, avec Michel Mercier: «Le ministre de la Justice n’est pas juge (…), il sert le juge». «Il faut que le ministre donne aux magistrats le sentiment qu’il les soutient et, j’ose le dire, qu’il les aime. Ils accomplissent un travail très difficile dans des circonstances très difficiles».

– la plus « j’aimerais tant la justice», mais vivement demain…, avec Christiane Taubira: «Je suis extrêmement heureuse, honorée et ravie». «Cette mission est considérable (…) extrêmement digne», ajoute la Guyanaise. «Avec beaucoup de détermination, nous ferons que le ministère de la justice prenne la place qui lui convient. La justice doit trouver son plein épanouissement.»

Mélodie Bouchaud et Léonie Place, Libération

http://www.liberation.fr/politiques/2012/05/17/passations-les-nomines-au-meilleur-dialogue_819451

About Marc Leprêtre

Marc Leprêtre is researcher in sociolinguistics, history and political science. Born in Etterbeek (Belgium), he lives in Barcelona (Spain) since 1982. He holds a PhD in History and a BA in Sociolinguistics. He is currently head of studies and prospective at the Centre for Contemporary Affairs (Government of Catalonia). Devoted Springsteen and Barça fan…
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