L’histoire s’écrit en espagnol

Le football est un sport qui se joue à onze contre onze, et à la fin, c’est l’Espagne qui gagne. En battant l’Italie (4-0) dans une finale qu’elle a parfaitement maîtrisée, la Roja a réécrit l’histoire. Elle est devenue la première équipe à conserver sa couronne européenne. La première également à réaliser un triplé Euro-Coupe du monde-Euro, ce que n’avait pas su faire la RFA en 1976. Alors qu’on la dépeignait depuis le début du tournoi comme une équipe plus épicière que conquérante, la sélection de Vicente Del Bosque a mis un point d’honneur à entrer dans la légende en y mettant la manière. Sa maîtrise collective a usé une formation italienne qui n’aura pas survécu à l’enchaînement Allemagne-Espagne en l’espace de quatre jours. Son réalisme a tué toute forme de suspense avant même la mi-temps.

Paradoxalement, la Nazionale a pourtant été la formation à l’avoir mise le plus en danger. S’ils n’ont pas vu le jour pendant les quinze premières minutes, les joueurs de Cesare Prandelli ont fait mieux que le Portugal en demie. Eux, au moins, ont cadré leurs tentatives. Statistique rare : Iker Casillas a dû s’interposer à quatre reprises (28e, 32e, 44e, 51e). C’est plus que Gianluigi Buffon, mais l’Italie a globalement fait preuve de trop de déchet pour concrétiser ses bonnes idées. Trop rapidement à bout de souffle, elle n’avait tout simplement pas les armes pour rivaliser avec cette Espagne-là. Pour ne rien arranger à ses affaires, elle a disputé la dernière demi-heure en infériorité numérique. Troisième remplaçant italien, Thiago Motta a dû quitter ses partenaires trois minutes après son entrée en jeu en raison d’un claquage. A la 21e, la blessure à une cuisse de Chiellini avait contraint Prandelli à précipiter son coaching.

Xavi et Iniesta à la baguette

Avec un Xavi et un Iniesta à ce niveau-là, il semblait de toute façon écrit qu’il ne pouvait rien arriver à l’Espagne. Les deux joueurs du Barça ont été impliqués sur trois des quatre buts de leur équipe. Sur le premier, Iniesta a trouvé dans la profondeur Fabregas, passeur décisif pour Silva (14e). Sur le second, Xavi a servi dans le bon tempo Alba, auteur d’une course remarquable (41e). Sur le troisième, enfin, ce même Xavi a trouvé Torres, dont le plat du pied droit n’a laissé aucune chance à Buffon (84e). Si la deuxième période n’a jamais atteint des sommets, la démonstration espagnole a viré à la correction lorsque Mata a inscrit le quatrième but de la Roja (88e). Inexistants depuis une demi-heure, sonnés, les Italiens trouveront sans doute le score un peu sévère. Il illustre assez bien  l’emprise de l’Espagne sur le football mondial depuis quatre ans.

Emery Taisne, L’Equipe

http://www.lequipe.fr/Football/Actualites/L-histoire-s-ecrit-en-espagnol/295589

About Marc Leprêtre

Marc Leprêtre is researcher in sociolinguistics, history and political science. Born in Etterbeek (Belgium), he lives in Barcelona (Spain) since 1982. He holds a PhD in History and a BA in Sociolinguistics. He is currently head of studies and prospective at the Centre for Contemporary Affairs (Government of Catalonia). Devoted Springsteen and Barça fan…
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